|
|
|
![]() |
![]() |
![]() |
|
![]() |
ACTUALITES - ACTUALITES - ACTUALITES |
![]() |
Partir à la découverte d'autres horizons, nous ne sommes pas les seules à le faire !
Voici deux amis qui eux aussi partent à l'aventure...
Alors si vous voulez faire le tour de la méditerranée à vélo en solitaire, ou partir à 4 en direction de la Mongolie... allez faire un tour sur leurs sites internet…
Cédric, partira le 10 juillet prochain pour 10 mois, avec pour seule compagnie son vélo… le temps de faire le tour de la méditerranée :
http://www.mediterraneeavelo.eu/index.html
Marc-Antoine avec Lucie, Nathalie, Nicolas, étudiants en Pharmacie à Nancy participeront à partir du 24 juillet 2010 au « Mongol-Rally », un raid international à vocation humanitaire qui débute à Londres et se termine 15 000km plus, à Oulan-Bator, capitale de la Mongolie :
http://ultimatepharma.wordpress.com/
Mardi 16 février 2010 :
Départ de Vagney à 20H15. Arrêt à la station essence à Vagney. On se dirige vers Nancy où nous passerons la nuit. 21h10 Pauline cherche ses papiers dans son sac, on peut entendre « J’ai perdu mes papiers », c'est-à-dire carte bleue, permis de conduire, carte d’identité, carte d’étudiant, carte d’assurance maladie et accessoirement tickets de métro. Le tout était dans une pochette qui avait été sortie à la station essence. S’en suivent de nombreux coups de téléphone. Aux parents à Suzy tout d’abord pour qu’ils aillent chercher à la station essence et sur la route où rien ne sera retrouvé. Puis appel à l’organisation… qu’est ce qui se passe si on a perdu tout ça ? On nous répond qu’on signera surement une décharge pour que Pauline ne conduise pas, c’est toujours ca, au moins on ne nous interdirait pas le départ.
Nous sommes avant Charmes et décidons finalement de remonter sur Nancy. Une fois à Nancy à 23h30 direction l’Hôtel de Police pour faire une déclaration de perte avec une policière haute en couleur qui mange des snikers et provoque des discussions musclées avec les autres civils de passage pour des renseignements…
A 1h du matin nous sommes chez Pauline, où l’on va tout de même essayer de trouver le sommeil. Nous apprendrons par la suite que nos parents n’ont pas beaucoup dormi non plus.
Mercredi 17 février 2010 : Hop debout très tôt, la nuit a été difficile et courte. Une pluie verglaçante s’abat sur Nancy. Après avoir fouillé la 4L de fond en comble à la lueur du jour, on part avec la déclaration de perte en direction de la préfecture des Vosges à Epinal, on souhaite y être pour l’ouverture à 9h.
A 9h40, le duplicata de permis de Pauline est fait ! OUF, nous pouvons rejoindre le départ, tout est rentré dans l’ordre. Pour le reste des papiers c’est moins grave, on fait opposition pour la carte bleue, on trouve un certificat de scolarité pour la carte étudiante, et le passeport remplace la carte d’identité. Pendant ce temps, Catherine visionne les vidéo de surveillance de la station essence : impossible de comprendre ce qui s’est passé ; les papiers se sont littéralement envolé dans une faille temporelle voinraude…
On repart sur Charmes pour retrouver un autre équipage de Hadol avec qui on est censé faire la route pour rejoindre le pré-départ organisé à Nancy.
10h30 nous sommes sur le parking de la discothèque du Sphinx, l’autre équipage n’a pas son contrôle technique et attend qu’une autre personne leur amène. Le temps presse, nous sommes convoquées à Paris à 16h50. On prend donc la route pour Paris sans eux.
On roule, on roule, on ne chôme pas. Arrivées au stade de France à 16h20. Hop hop en deux temps trois mouvements l’organisation nous donne des feuilles à remplir, un cadeau de bienvenue, pose leurs autocollants. On effectue les vérifications techniques avec trois personnes à droite à gauche, on n’a pas trop le temps de comprendre ce qu’il se passe, car pendant qu’une personne nous demande de sortir le matériel obligatoire, une autre vérifie la solidité et les installations du véhicule.
En 15 min nous voici entrées au stade de France, on avance de personne en « rouge » en personne en « rouge » (les organisateurs) jusqu’à trouver notre place.
Puis direction les vérifications administratives, l’entretien avec le médecin, on fournit la liste du matériel scolaire à l’association. Ici aussi ca avance vite.
On fait un tour dans le stade puis on retrouve des Nancéenes qui sont embêtées avec leur batterie, mal fixée selon l’organisation. Un saut chez Leroy Merlin pour acheter une sangle, et tout est réglé ! On est censées quitter les lieux à 18h30, tout le monde s’agite et klaxonne (on ne le savait pas encore mais ce n’était que le début). 18h45 on peut enfin partir, la route est coupée par la police pour nous faire sortir du stade plus facilement. On s’enfile sur le périphérique jusque Saint Mandé pour y déposer la voiture dans un garage (3/4h de périphérique). Puis on reprend le métro pendant 1h15 pour aller chez Ingrid la sœur de Suzy où nous dormirons ce soir. Soirée crêpes et photos du Maroc (petit avant-goût et cela permet d’évacuer un peu le stress de ces dernières heures). Une bonne nuit, on en a bien besoin.
Jeudi 18 février 2010 :
Départ à 8H15, retour dans le métro + périphérique pour retrouver Jacqueline et ensuite le Stade de France. On y arrive à 10H30… ohlalala ya du monde, on commence à réaliser.
On y retrouve les parents de Suzy, et les oncles, tantes et cousines de Pauline, dont Christian qui avait travaillé sur la 4L pendant l’été. Le moins qu’on puisse dire c’est que nous sommes soutenues !
Nous sommes situées prés de l’équipage Nancéen de la veille. On retrouve des dames qui sont aussi des Marcadella venant du même village que nous en Italie… de la famille très très éloignée. Leurs fils participent aussi. Le monde est petit surtout que les Marcadella ne sont pas très représentés en France !
12h15 le briefing (en retard !), au programme : encouragements, conseils de sécurité et remerciements à l’association « enfant du désert » et aux autres partenaires. On part aussi en retard, vers 13h20 par vagues de 30 voitures. Des centaines de 4L sur le périphérique et l’autoroute… ça colore le paysage et les aires de repos! Les derniers partiront à 14h passée.
On roule, on roule, on roule… on dévore les saucisses à croquer de la ferme du Lejol, on klaxonne et se fait klaxonner à tout bout de champ, les 4L ont envahis l’axe Paris-Hendaye ! On s’arrête rarement, et pourtant nous arrivons à Hendaye qu’a 00H15 chez Christophe un cousin de Prisca et Maxime…. Désolées du retard, nous sommes très bien accueillies ! Gâteaux, tisane, miel et liqueur du coin nous attendaient !
Vendredi 19 février 2010 :
Après un bon petit déjeuner, départ de Hendaye, et visite (très) rapide de la ville en passant en compagnie de Christophe. Enfin, en route pour l’Espagne. L’Espagne… pas très très joli au nord (la pluie y est pour quelque chose), plus on descendra plus on changera d’avis. On traverse Madrid en 1h30, pffffffffff que c’est long, il est 15H30. Suzy oublie parfois de presser fort sur le frein ce qui lui vaut un petit « pok » dans la voiture derrière, sans mal tout de même malgré l’attelage arrière.
L’équipage d’Hadol nous dépasse sur l’autoroute à grand renfort de klaxons (tout comme les autres d’ailleurs) Puis on retrouve sur la route trois équipages de mecs, on parle de dormir dans un hôtel car nous sommes au sud de Madrid et il fait un temps pourri. Arrivée vers Grenada à 23H le temps s’est réchauffé et amélioré (on est déjà plus au sud). On cherche donc une aire d’autoroute où poser la tente. Entre temps on constate un accident de 4L au bord de la route assez important… ca refroidit, on comptait s’arrêter bientôt, on s’arrête juste après. Après un coup de fil à l’organisation, nous apprenons que l’équipage féminin va bien, un camion les a bousculé contre la barrière de sécurité, il y a seulement des dégâts matériels. Malheureusement pour elles, l’aventure s’arrête déjà, comme 3 autres équipages dont la 4L n’arrivera pas jusqu’à Algéziras. Heureusement, aucun blessé.
La nuit est difficile mais c’est toujours ça. Au programme bruits d’autoroute, camions, avions, froid, préoccupées par la 4L à côté et l’accident que l’on vient de voir. Au matin il faut un peu gratter le givre sur la 4L…. normal qu’on ait eu froid !
Samedi 20 février :
Direction Algésiras…aaahh… bientôt le Maroc ! On arrive au bivouac à Algésiras à 12H. On découvre des paysages magnifiques entre Grenade-Malaga-Algésiras !
A notre arrivée, au programme : plein du réservoir et du jerrycan, pression des pneus, pose de la tente, briefing, sieste (bien méritée)…
Les équipages 1 à 700 prennent le bateau pour le Maroc à 17H avec l’organisation, pour les autres 2 bateaux nous attendent le dimanche à 5h.
On partage un repas avec l’équipage de Hadol, et on ne traine pas à aller dormir : la nuit sera courte.
Dimanche 21 février :
Réveillées à 3H30 du matin sous une pluie battante… mais il est où le soleil ????????
On replie la tente trempée et on prend la direction du port d’Algésiras où l’on arrive à 4H15… on attend et entre dans le bateau, les 4L sont embarquées une à une. La traversée sera longue et difficile pour toutes les deux. Nous devons changer nous euros en dirhams, puis aller à la police pour faire tamponner nos passeports, puis aller à la douane pour faire la déclaration d’entrée de véhicule au Maroc. Finalement nous n’auront pas le temps de faire toutes les formalités de douanes, comme beaucoup d’équipages, on le fera alors au port. Nous avons attendu pendant toute la durée de la traversée dans un couloir étroit où il faisait chaud, alors que le bateau tanguait…levées tôt, fatiguées et sans rien dans le ventre, comme pas mal de nos concurrentes, Pauline ne se sent pas bien et Suzy a le mal de mer…. Ça commence bien, vivement les grands espaces et la terre ferme !
On quitte Tanger à 10H30… nous avons encore 8h de route pour attendre le bivouac d’Enjil, il ne faut que peu s’arrêter. Si nous arrivons avant 19h nous pourrons déposer le fauteuil roulant que nous apportons à l’association « Enfants du désert ».
Les premiers kilomètres au Maroc sont longs et la 4L peine un peu car il y a beaucoup de vent, puis se remet dans un rythme normal (elle n’a peut-être pas bien supporté le bateau elle aussi). Nous suivons le road-book à la lettre… et les 4L aussi… Des policiers marocains sont à chaque carrefour pour nous indiquer la direction. Ils ont l’air très heureux de nous voir et n’hésitent pas à nous faire des signes de la main et à nous encourager. Surtout, nous voyons beaucoup d’enfants au bord des routes qui nous regardent passer, sourient, dansent, envoient des baisers. Les plus vieux font des signes de la tête. Il pleut parfois mais il fait chaud. Nous trouvons au bord des routes beaucoup de charrettes à ânes, des vélos, des moutons et vaches en liberté, des chiens errants et les habitants n’hésitent pas à traverser l’autoroute à pied !
Nous nous arrêtons à l’essence, au tour de Pauline de faire « toc » dans la 4L de derrière. Encore une fois, rien de grave… ! Fait original : on trouve sur chaque aire d’autoroute des salles de prière aussi bien indiquées que les toilettes !
Les paysages sont splendides entre Ifrane et Boulemane… ce sont de long plateaux et de montagnes que l’on distingue à peine. Puis l’Atlas : il ressemble aux Vosges puisque nous sommes sous une pluie fine et un épais brouillard, avec du vent (pas très dépaysant) ! C’est étonnant, les plateaux sont vides à des kilomètres et pourtant il y a des hommes seuls au bord de la route… il y a quand même quelques troupeaux. On traverse des villages inondés. Par chance, l’eau n’a pas encore trop montée et on peut encore passer (on apprendra le lendemain matin qu’une dizaine de 4L n’a pas pu rejoindre le bivouac le soir, bloquées par les inondations qui avaient envahi la route).
On arrive au bivouac à 19h05 sur le plateau d’Enjil (trop tard pour le fauteuil). Il y a une tempête de vent, le briefing est annulé et les tentes de restauration sont par terre… Pauvres Berbères qui nous attendaient depuis 3 jours. Heureusement, nous goûterons tout de même leur repas local avec une bonne soupe piquante, des légumes et du poulet ainsi que des gâteaux marocains. Comme tous les soirs à venir, nous faisons la queue auprès du camion citerne pour remplir le jerrycan de 20L, même à 2, c’est lourd !!! On dormira très mal cette nuit là avec de fortes rafales de vents et une température proche du 0°C, car nous sommes à plus de 1000m d’altitude. (Désormais aller dormir au Hohneck sous la tente un jour de vent ne me ferai pas peur !)
Lundi 22 février :
Réveil toujours sous un vent de dingue (nous ne nous sommes pas envolées nous ignorons par quel miracle). Réveil à 6H30 car nous devons partir à 8h… euh oups Suzy n’a pas mis son portable en heure marocaine, ce qu’il fait qu’on est réveillée à 5H30 heure Marocaine et en plus les départs sont reportés pour cause d’intempéries et le briefing est prévu à 8h… Bon ya plus qu’à se rendormir !
Vent, pluies et inondations, voila à quoi est exposée la piste que l’on devrait prendre aujourd’hui… du coup, l’étape de piste est annulée car elle est impraticable pour les 4L. On reliera le bivouac d’Er-Rachidia par la route, et il n’y aura pas de classement, mais les paysages sont superbes. On retrouve des plateaux, des montagnes, des canyons et de longues plaines. Après un petit déjeuner aux couleurs locales : thé berbère à la menthe, pain, confiture et beurre, on part d’Enjil à 10h15 dans un désordre inimaginable.
Aujourd’hui Suzy subit quelques déconvenues. Le matin, elle veut faire la maligne et monte sur le toit de la 4L pour voir l’ensemble du bivouac. Ce n’était pas très malin vu le vent, ses lunettes de soleil s’envolent… ni une ni deux, elle descend tant bien que mal de la 4L pour les chercher mais le vent est fort, les lunettes volent, Suzy cours… heureusement quelqu’un les retrouvera pendant que Pauline s’écroule de rire : en effet depuis l’intérieur de la 4L elle n’a vu que des pieds se balancer dans le vide et une voix crier « merde mes lunettes ! ». Inutile de vous dire que les lunettes c’est précieux dans le désert.
Deuxième épisode, on s’arrête faire le plein avec le jerrycan un peu avant l’arrivée… mais personne ne nous avait dit d’ouvrir doucement et avec précaution un jerrycan plein à ras-bord d’essence. Lorsque Pauline l’ouvre, une pression sort du jerrycan, essence avec, et Suzy est aspergée d’essence sur tout le jean. Sur le moment Pauline est morte de rire (une fois de plus), Suzy beaucoup moins (désolé on n’a même pas pensé à prendre de photo). L’essence ça brûle les jambes et Suzy est encore plus dégoûtée, elle venait de mettre ce jean le matin même et comptait s’en servir toute la semaine (si si dans le désert un détail comme ça paraît important !) Ahlala au moins on est prévenues, il faut ouvrir le jerrycan avec délicatesse !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Nous passons donc par la route goudronnée pour découvrir plein de paysages très différents mais tous magnifiques. Il fait beau, de plus en plus chaud. Nous traversons de petits villages aux maisons de toit plat qui semblent vides et parfois des villages un peu plus gros avec des enseignes coca-cola et des pompes à essence. Entre les deux, des hommes roulent en mobylette ou en vélo. Les poules et les moutons sont en liberté. Parfois, nous découvrons un oued où poussent des palmiers et de l’herbe aussi verte qu’un gazon anglais. Nous nous arrêtons manger dans un paysage désertique mais comme il y a trop de vent pour le gaz nous mangeons des haricots froids et regardons l’équipage d’Hadol manger des pizzas chauffées sur leur appareil de fou dont ils sont plus que fiers.
Nous rencontrons beaucoup d’enfants lors de la traversée des villages : « bonjour », « what’s your name ?» « ah les gazelles ! » « donne-moi un stylo »… Nous commençons déjà à voir quelques dromadaires. En effet, un troupeau passait au bord de a route. Un équipage qui s’était arrêté pour les prendre en photo se fait interpeler par le berger berbère… qui leur fait signe en frottant son pouce contre l’index et le majeur… eh oui, chaque photo a un coût ! Pauline et Suzy, beaucoup plus malignes auront seulement ralenti pour prendre une photo depuis la voiture et s’enfuir à toutes roues !
Arrivées à Er-Rachidia à 18h. Nous rejoignons le bivouac par un petit bout de piste en sable dur ! Enfin du sable !!! Des policiers marocains montent la garde car des voyous traînent dans le coin. La soirée se déroule bien, on dort auprès d’une petite dune à 22h30.
Mardi 23 février 2010 : A nous la piste !
Nous nous levons sous un magnifique levé du soleil rose et replions la tente en deux en trois mouvements… on s’améliore ! On partir à 7h après notre 1° relevé de compteur pour 70km de route puis la piste et le sable. La véritable orientation doit commencer ! Nous tentons de lire le road-book, mais c’est bof-bof : heu, comment ça marche ? On gère pas trop le kilométrage… enfin bon, on n’est pas toutes seules… Nous ne roulons pas trop vite de peur de casser quelque chose dans les petits cailloux...aïe, aïe, aïe, si nous avions su ce qui nous attendait les jours suivants ! Evidemment nous nous faisons dépasser de toute part… des voitures qui font des grand « schkroutch » dans les cailloux…bon, ça doit être normal alors. Nous traversons un paysage sec avec de petits arbustes On accélère un peu quand soudain, un bruit de frottement nous interpelle fortement. « C’est le pot qui traîne !!!» s’exclame Pauline. STOOOOP, Arrêt en urgence au milieu de nulle part… Heu, en fait c’était juste une branche qui s’était accrochée, sans commentaires.
Beaucoup de Berbères sont dans le coin, traînent en mobylette et s’approchent dès que l’on s’arrête pour nous vendre des objets artisanaux : fossiles, colliers, chech… Ils demandent s’il faut aider et n’hésitent pas à pousser dans un passage d’oued un peu difficile où plusieurs 4L se sont ensablées. Prudentes, nous choisirons de passer par le pont…
Au loin une montagne et des dunes. Selon le road-book, il faut viser la montagne, puis les dunes mais comme on n’est pas encore très douées on vise les dunes trop tôt et on fait moins de kilomètres que prévu. Pas de bol, il fallait s’approcher le plus possible du kilométrage du road-book. En plus, la boussole perd totalement le nord une fois à l’intérieur de la 4L… et puis de toute façon le road-book affiche souvent un toujours tout droit ! A croire qu’il n’y en avait pas besoin !
Nous arrivons au bivouac à 12h et commençons par déposer toutes les fournitures scolaires et sportives que nous avions apportées sur un grand tapis préparé pour l’occasion. Maintenant que Jacqueline s’est allégée, direction l’épreuve des dunes ! Petit parcours de 30 secondes où nous sommes notées sur notre aisance à rouler dans le sable et à franchir les dunes. Ça marche comme dans la neige. Suzy conduit à merveille, pas d’ensablement pour nous, juste un petit calage dans un virage un peu « poudreux » mais Jacqueline repart sans pousser !
Il fait plutôt chaud, nous mangeons et partons faire une petite balade en dromadaire dans les dunes avec un guide berbère en costume traditionnel qui écoute Ricky Martin sur son téléphone portable. Au retour, Suzy s’achète un chech qu’elle ne quittera plus de la semaine et est invitée par la même occasion à boire un thé sous la tente !
La remise officielle des dons a lieu à 17h. Laetitia Chevallier, présidente de l’association « enfants du désert » nous résume la situation : Nous avons apporté à nous tous pas loin de 80 tonnes de matériel scolaire et sportif ce qui permettra de scolariser 25 000 enfants !
A Merzouga, 400 enfants ont fait le trajet en bus pour venir nous voir. Nous pouvons leur remettre en mains propres les cartables remplis d’affaires et ils nous offrent des dessins, chantent des chansons. Ils ont tout de même l’air un peu perdus, ne connaissant pas bien le français et ayant rarement vu autant de monde et de 4L réunis ! Mais ils repartent le sourire aux lèvres en découvrant tout ce qui se trouve dans leur cartable.
Ici, nous avons droit à une douche (!!!) en plein air, dans de petites cabines faites de bâches, dont les fermetures éclair fonctionnent moyennement bien et les pieds dans le sable ! fantastique !
Nous passons la soirée avec 2 équipages parisiens qui laissent Suzy sous le charme et nous couchons (seules bien sûr) à 00h.
Mercredi 24 février
Au lever, petit déjeuner de roi avec jus d’orange, pâtisseries marocaines et pancakes. Nous partons à 10h30 pour une épreuve de piste assez fatigante, certainement l’étape la plus difficile du raid.
Après quelques kilomètres sur une piste parfois agréable, parfois pleine de « schroutch » à cause des cailloux, nous abordons, non sans appréhension, un oued géant où l’ensablement est inévitable. Effectivement, nous devrons stopper plusieurs fois pour sortir les plaques de désensablage et pousser. En plus de cela, Jacqueline fait des siennes ! Elle cale sans arrêt dès que l’on ralenti, le carburateur semble encrassé et le moteur a chaud. Un équipage vient nous donner un coup de main pour pousser alors qu’il est lui-même allé s’ensabler dans une dune de côté...nous tentons de l’aider, mais impossible de le faire sortir… heureusement 2 marocains sont là avec leur 4x4 pour les tracter contre quelques dirhams et 2 tee-shirts !
Une fois l’oued quitté, et après avoir tourné à gauche après « la maison avec la porte bleue », nous abordons une piste dite « roulante », quelle blague ! Nous voici parties pour 30km de graviers de bonne taille, des secousses interminables et plutôt désagréables ainsi que des traversées de villages avec des enfants un peu moins sympa qui arrêtent carrément les voitures, sautent sur le capot, ouvrent les vitres, réclament toutes sortes de choses et jettent des cailloux.
Une fois le goudron retrouvé, Jacqueline présente un autre symptôme : elle fait un grand « clac » et semble percuter une pierre chaque fois que l’on relève la pédale d’accélérateur.
Arrivées à Timerzif à 18h, nous nous précipitons vers l’assistance mécanique. Immédiatement, le ralenti est réglé, Jacqueline ne cale plus ! Ensuite, direction le point soudure pour « recoller » la patte qui tenait notre filtre à air et qui a cassé sous les chocs. Dans la file d’attente, nous aidons plusieurs équipages en fournissant outils (notre valise à outil fait fureur, merci Anthony) et pièces de rechange contre de la bière. Au bout d’1H30, le mécanicien qui a fabriqué une nouvelle patte mais n’arrive pas à enlever celle qui est cassé nous dit finalement que notre problème n’est pas important et qu’il faut aller voir ailleurs… Nous faisons alors la queue de l’autre côté où nous demandons l’avis de différents équipages au sujet du bruit qui nous inquiète. Tout y passe : cardans, roulements, pattes, embrayage… Il faudra attendre minuit pour qu’un mécano marocain entende le bruit de lui-même et déclare : « c’est le support de boîte ! ». Après avoir démonté la plaque de protection (rayée et légèrement trouée d’ailleurs) il nous montre l’objet en question et nous en ramène un neuf on ne sait d’où… « c’est 350 dirhams » (35€), après un rapide sondage auprès des autres équipages qui n’en n’ont pas, nous payons et en 2 temps 3 mouvements le support est réparé. Entre temps, un voisin nous annonce qu’il en avait 2 à vendre pour 10€ pièce… c’est le jeu !
Nous nous couchons enfin à 1h du matin, le stress est retombé ! ouf !
Jeudi 25 février
Lever à 7h pour un briefing qui nous prépare à l’étape marathon qui doit durer 2 jours, avec une nuit en autonomie sans bivouac avant d’arriver à Marrakech.
Nous nous élançons donc sur la piste pour 226 km direction Zagora que nous pourrons atteindre avant la nuit si tout se passe bien.
Les premières heures, la piste est fantastique, sablonneuse mais pas trop, on croirait rouler dans du beurre. Nous croisons quelques dromadaires de près. Le temps et les paysages de dunes sont magnifiques et les enfants sympas. Nous commençons à savoir lire le road-book (il était temps !). Puis nous attaquons « l’enfer des cailloux », les plus gros cailloux que nous ayons vu ! La route est assez difficile à certains endroits. La plaque de protection prend beaucoup de coups et change de forme… Jacqueline a chaud et a parfois du mal à tenir le ralenti et la 1° vitesse.
La piste se termine dans un super sable dur où la 4L roule aisément et où Pauline prend de la vitesse (peut-être trop). Mais attention aux trous ! La pauvre Jacqueline en souffrira plus d’une fois !!!
Nous atteignons le check-up en fin de piste à 17h. C’est l’occasion de vérifier comme chaque soir que tout va bien pour Jacqueline : nous faisons les niveaux, changeons le filtre à air et regonflons les pneus. Nous passerons la nuit ici, à 5km de Zagora avec d’autres équipages, dont des belges, avant de reprendre le goudron le lendemain pour Marrakech.
Vendredi 26 février
Levées pour 7h. La reprise du goudron est en effet plutôt appréciable ! Jacqueline broute un peu au départ mais semble rapidement retrouver ses aises. Oui, ma belle c’est fini les bêtises…Nous nous élançons pour plus de 400km direction Ouarzazate et nous traversons le col du Tichka : 2260 m d’altitude et 70 km de long. Peu à peu nous retrouvons la civilisation et une circulation… étonnante ! Tout au long de la route il y a des vendeurs de thé, colliers, pierres… plus on s’éloigne du désert et plus on retrouve la végétation.La route est dangereuse : nous apprendrons qu’un équipage féminin a eu un accident dans le col et l’une des deux s’en tire avec une fracture du bras.
Nous arrivons à Marrakech à 15h dans un hôtel 4 étoiles, avec salle de muscu, spa, piscine avec vue sur l’Atlas (et la fin des Jeux Olympiques pour Suzy !). Mais l’eau est plutôt froide pour s’y baigner, les intestins de Suzy la téméraire en pâtirons le lendemain…
Les parents de Pauline débarquent tout à coup, nous réveillant dans notre somnolence au soleil ! L’occasion de raconter toutes nos aventures autour d’un verre.
Nous dînons au buffet en leur compagnie. C’est l’occasion de changer des patates, carottes et poulet que nous avons mangé chaque soir et du pâté/compote des midis.
Samedi 27 février
Aujourd’hui, visite de Marrakech. C’est une autre facette du Maroc par rapport à tout ce que nous avions vu jusqu’ici. On y retrouve les parents de Pauline.
On se dirige vers la place Jemaa el Fnaa où on trouve des baraques à jus d’orange, vendeurs d’épices, charmeurs de serpents, dresseurs de singes, diseuses de bonne aventure, femmes qui propose du Henné…. Pauline se trouve embarquée dans une boutique (« celui qui est pressé est déjà mort » lance le vendeur), dans laquelle elle doit essayer une « robe magique, climatisée et sécurisée pour personne au balcon », « ci pas cher la gazelle ! ». C’est très joli, mais bon, en France, la robe n’est pas très passe-partout…
Nous mangeons dans un petit restaurant du coin avec des plats traditionnels : couscous, tajine et pastilla.
Puis visite du Souk, et là, on n’est vraiment pas douées pour marchander. On se fait un peu interpeller par les vendeurs mais ce n’est pas encore excessif. Ils sont tous très sympas, certains nous troqueraient même contre des dromadaires… mais bon on n’est pas certaines que le dromadaire s’acclimate aux Vosges !!!
A 17h on retourne à l’hôtel avant d’aller à la soirée de clôture qui a lieu « chez ali ».
La soirée débute par la remise des prix et quelques discours. Spontanément une bonne partie des étudiants (y compris nous !) envahissent la piste où se trouve l’estrade et où aura lieu le spectacle…. Voici l’ambiance du 4L Trophy !
Au menu ce soir : couscous et pâtisseries marocaines, partagés avec la famille Pierrel.
La soirée se finit sur un spectacle équestre : la fantasia. Nous assistons à des acrobaties équestres et tirs de coups de fusils, suivis de dromadaires et de figurants en tenues traditionnelles, danse orientale, feux d’artifice et même un tapis volant survole la piste ! Malheureusement, il a plu durant le spectacle mais lorsqu’il se termine, une rave-party commence dans l’arène !
Nous ne tardons pas à aller nous coucher… l’aventure n’est pas encore finie !
Dimanche 28 février 2010 :
Levée à 5h30, nous avons beaucoup de route pour arriver jusque Tanger que nous atteindrons à 14H.
Jacqueline ne semble pas apprécier de quitter le Maroc… elle fait un bruit métallique à chaque fois qu’on accélère (par la suite on apprendra que c’était sûrement la chaîne de distribution). Puis à l’arrivée à Tanger, le moteur s’emballe et ne veux pas s’arrêter… oui oui on vous assure ! On avait coupé le contact et avait les clés dans la main ! La tête des autres équipages assistant à la scène est loin de nous rassurer ! Il faut donc la faire caler et espérer que c’était un coup de chaud… nous n’avons plus vraiment le choix, l’assistance mécanique s’arrête ici. Puis on refixe la galerie qui avait avancé un peu.
A 17h45 on entre enfin dans le bateau, nous avons de la chance c’est le premier bateau qui partira vers 18h. Il y en a encore 2 autres après, les derniers équipages quitterons Tanger à 22h !
La pluie a été présente toute la journée…histoire de nous rappeler que le soleil est peu présent en Europe au mois de février !
Choukrane Maroc…. Et au revoir !
Nous débarquons à Algéciras à 22H (heure française – 21h heure marocaine) et nous nous hâtons de rejoindre Malaga où Fanfan et Paqui (connaissances éloignées du côté de la maman de Pauline) nous attendent depuis la fin de l’après midi. Après avoir eu un peu de mal à trouver le point de rendez-vous, nous serons sur place à 2h du matin, très très bien accueillies et y passerons une (courte) nuit.
Lundi 1 mars :
Il faut désormais rallier Pau dans la journée… Nous partons à 8H30 de Malaga et prenons la direction de Madrid, puis Saragosse, puis traversée des Pyrénées. La route est longue et il ne faut pas traîner.
Jacqueline fait moins de bruit mais a très chaud, nous serons obligées de nous arrêter un moment pour la refroidir.
Les 4L se font de plus en plus rares… espérons que nous ne casserons rien.
Arrivée à Pau à 00h30…pfff il est temps (« j’en peux plus » - Suzy). Le voyage s’arrête ici pour Suzy, il faut maintenant retrouver le chemin de la fac. Quant à Pauline… encore une longue journée de route pour atteindre Nancy !
Mardi 2 mars :
Départ à 7h30 pour une Pauline pressée de rentrer ! Après quelques ralentissements dans le périphérique de Toulouse, la route est agréable et ensoleillée sur tout le reste du trajet. Jacqueline ne se plaindra pas une seule fois, elle couine juste un peu en freinant. Elle ne veut plus s’arrêter !
Quelques 4L parcourent encore l’axe Lyon-Nancy. Les klaxons sont toujours aussi sonores : il est plus que jamais le moment de s’encourager pour aller jusqu’au bout ! Les discussions sur les aires d’autoroutes ou aux péages sont encore fréquentes avec des amateurs de 4L (ou des amoureux des Vosges), des parents qui rêvent que leurs enfants participent, pleins de félicitations et aussi des conseils !
Arrivée à Nancy à 22h30, enfin dans son lit ! L’aventure s’arrête déjà, il est temps de se reposer pour retrouver ses stylos le lendemain !